Jeudi 9 Septembre 2010

Maladie de Ménière, acouphènes

LA MALADIE DE MÉNIÈRE, VOUS CONNAISSEZ?

Nous connaissons tous les fameuses otites, infections de l'oreille moyenne ou interne, qui guettent surtout les enfants. Moins connues toutefois, les maladies de l'oreille qui peuvent détruire certaines composantes.

C'est le cas de la maladie de Ménière, qui affecte le labyrinthe, une petite structure située dans l'oreille interne et qui contient, comme la cochlée, un liquide dans lequel baigne le nerf de l'équilibre.

Pour des raisons sans doute congénitales, il arrive qu'un surplus de liquide se forme dans le labyrinthe et irrite les cellules nerveuses qui s'y trouvent. Les symptômes sont : vertiges, bourdonnements d'oreille et baisse d'audition dans les basses fréquences. Il faut une combinaison de ces trois symptômes pour diagnostiquer une maladie de Ménière.

Puisqu'un petit canal relie le labyrinthe à la cochlée, chaque crise provoque des pertes d'audition pouvant aller jusqu'à 40 p. 100. Les patients en récupèrent une partie, mais perdent définitivement un certain pourcentage de leur acuité auditive chaque fois.

Mal ou bien traitée, la maladie de Ménière peut conduire à la surdité. Dans quelques cas, il faut recourir à la chirurgie pour implanter une sorte de petit drain qui permettra de décongestionner l'oreille interne.

Dans tous les cas, il importe de consulter dès les premiers signes d'inconfort auditif. En intervenant rapidement, on peut limiter les dommages aux structures de l'oreille et la perte d'audition.

Source : Le journal de Québec, 30-10-2001, Françoise Genest.

Qu'est-ce qu'un acouphène?

ENTENDEZ-VOUS DES BRUITS sans pouvoir identifier leur source dans votre environnement? Si oui, vous souffrez peut-être d'acouphènes. Ce problème toucherait de 14 à 17 p. 100 de la population générale à travers le monde. Les recherches dans ce domaine se développent dans divers pays.

L'acouphène correspond à des " bourdonnements " ou des " sifflements " entendus dans une ou les deux oreilles, ou bien dans la tête, en l'absence de toute source sonore dans le milieu environnant.

On distingue deux formes selon si l'acouphène peut être ou non entendu par d'autres personnes que la personne qui en souffre. Si oui, on parle d'acouphène objectif. Il s'agit de cas très peu nombreux dans lesquels les bruits résultent soit d'anomalies vasculaires, soit de contractions anormales des muscles de la sphère ORL, soit de défauts structuraux de l'oreille interne. Dans le cas contraire, on parle d'acouphène subjectif dont l'origine peut se situer à n'importe quel niveau des voies auditives, depuis le conduit de l'oreille externe jusqu'au cerveau. Cependant, l'origine la plus fréquente est la cochlée. L'acouphène peut survenir à n'importe quel âge, mais semble apparaître dans la deuxième partie de la vie, c'est-à-dire après 60 ans. En effet, il accompagne souvent la perte auditive des hautes fréquences causée par le vieillissement (presbyacousie), mais aussi la perte auditive liée à l'exposition au bruit d'origine professionnelle (tôleries, chaudronnerie, filature, etc.) ou aux loisirs (chasse, tir, concerts et orchestre rock, baladeur, etc.).

Il s'agit d'un symptôme et non d'une pathologie. De sources diverses, l'acouphène peut être associé à différentes affections : manifestations allergiques, troubles de l'oreille externe, de l'oreille moyenne ou de l'oreille interne, syndrome de Ménière, neurinome de l'acoustique, traumatisme crânien, hypertension, etc.

L'acouphène n'est pas une hallucination auditive. Il s'en distingue par le contenu rudimentaire des bruits entendus, sons purs ou bruits de bandes plus ou moins larges dépourvus de sens, et par le fait que la personne est consciente de l'origine interne de ces bruits.

Source : Document colligé par Geneviève Lalande, audiologiste, IRDPQ.

COMMENT TRAITER UN ACOUPHÈNE? DES SOLUTIONS POUR TOUT LE MONDE

Éliminer l'agent causal

La chirurgie, dans quelques cas bien précis, peut corriger un problème du système auditif. Plusieurs médicaments peuvent aussi provoquer et accentuer les acouphènes : l'aspirine, l'Entrophen, certains anti-inflammatoires, certains médicaments pour le cœur, etc. Il faut donc vérifier avec votre médecin si c'est votre cas.

L'assourdissement

Le masquage de l'acouphène par un bruit extérieur peut être obtenu, entre autres, par l'utilisation de la radio, l'assourdisseur FM, le générateur de bruit ou encore la prothèse auditive jumelée ou non à un assourdisseur pour personne ayant une surdité avancée.

La médication

Dans certains cas et pendant une courte période, le médecin peut juger nécessaire que son patient prenne une médication pour dormir, le temps de reprendre un peu d'énergie ou pour contrôler l'état d'anxiété lié à la présence de l'acouphène.

Les médecines alternatives

Chiropractie, ostéopathie, auriculothérapie, homéopathie, acuponcture, etc. Même si leurs pouvoirs de guérison sont parfois controversés, on s'accorde pour dire qu'ils militent en faveur d'un mieux-être général, ce qui favorise une meilleure tolérance à l'acouphène.

La psychothérapie

La psychothérapie peut aider la personne à identifier et à traiter les problèmes attribués de façon disproportionnée à l'acouphène.

La gestion du stress par la relaxation

Il est bien connu que les acouphènes génèrent du stress. On sait également que le stress peut diminuer la tolérance aux acouphènes et parfois les augmenter, créant ainsi un cercle vicieux. Parmi la multitude de méthodes de relaxation connues, le biofeedback, l'autohypnose et la méthode de Jacobson semblent particulièrement efficaces et appréciées. Le choix d'une méthode de relaxation doit se faire en fonction de ses goûts et de ses capacités physiques. Si cette méthode est pratiquée régulièrement, elle procure à long terme un regain d'énergie et une détente appréciables.

Une bonne hygiène de vie

Quelques règles de base peuvent apporter une amélioration appréciable :

  • Diminuer ou éliminer les agents stressants (cigarettes, caféine, bruits évitables).
  • Bien s'alimenter (pas trop de sel, de sucre ou de gras).
  • Rester actif (marche ou autres activités physiques).
  • Laisser une bonne place aux loisirs et aux activités de détente.

 

L'approche cognitive et comportementale

Cette approche permet à la personne d'apprendre à modifier sa perception de l'acouphène afin qu'il devienne moins dérangeant, et à diminuer ainsi les tensions qui y sont associées.

Les groupes d'entraide

Le fait de pouvoir partager son expérience avec des gens qui vivent la même situation peut grandement aider à comprendre son problème, à trouver des solutions intéressantes et surtout à briser le sentiment d'isolement.

Source : Avoir raison des acouphènes/CLSC-CHSLD Haute-Ville-Des-Rivières

QU'EST-CE QUE LA PRESBYACOUSIE?

par Chantale Fortin, étudiante en orthophonie-audiologie sous la supervision de Mme Mireille Beaudoin, audiologiste, IRDPQ

Chez les gens âgés, la perte auditive peut être causée par la presbyacousie, l'exposition à des bruits trop forts, la maladie de Ménière, etc. La cause  de perte de l'audition la plus commune chez ces personnes est la presbyacousie.

Vers la soixantaine, des changements s'effectuent dans le corps de l'être humain et les sens peuvent tous en être affectés. L'audition, comme les autres sens, est susceptible de diminuer peu à peu. Ce type de surdité apparaît de façon très progressive et peut s'étendre sur de nombreuses années. Pour cette raison, il arrive souvent que l'on tarde à réaliser que l'on n'entend plus comme avant. Voici quelques exemples de signes qui peuvent laisser croire à une baisse auditive :

  • On a tendance à faire répéter plus souvent.
  • Les réveils, montres, sonneries de porte ou de téléphone deviennent plus silencieux.
  • La conversation dans le bruit se révèle de plus en plus difficile.
  • On doit augmenter le son de la radio ou de la télévision pour bien saisir ce qui se dit.
  • Remarques fréquentes de l'entourage comme : "Tu n'entends pas!", "Tu es sourd!", "Va passer un test d'audition", etc.

La presbyacousie n'affecte pas l'audition de tous les sons de la même manière. Les sons aigus (hauts) sont particulièrement atténués. Par exemple, la sonnerie du téléphone pourra être à peine perceptible alors que les ronflements de l'autre resteront parfaitement audibles. Le malentendant aura aussi du mal à parler avec de jeunes enfants, qui ont la voix très haute (ou très claire). La perception de la parole est aussi directement affectée par la presbyacousie. En effet, la presbyacousie amène une certaine perte de clarté dans ce que l'on entend : l'oreille n'arrive plus à analyser et à reconnaître les sons. Les consonnes " f ", " s ", " ch " sont les premières qui sont atténuées. Ainsi, une simple expression telle que " c'est le sien " peut se transformer en : " c'est le chien "; " fais le chien " et " fais le sien ". Voilà pourquoi il est important pour la personne malentendante de voir le visage de l'autre quand elle discute avec quelqu'un. Elle peut ainsi déduire ce qui a été dit en regardant le mouvement des lèvres et l'expression du visage de l'interlocuteur, ainsi qu'en se fiant sur le sujet de la conversation ou sur la situation.

De plus, la presbyacousie peut être accompagnée d'intolérance aux sons forts (comme les cris des enfants) et de sifflements ou de bourdonnements d'oreilles (acouphènes) qui sont tous deux très dérangeants et irritants pour la personne atteinte.

SANTÉ AU TRAVAIL ET SURDITÉ PROFESSIONNELLE
Par Denise Tremblay, infirmière bachelière en santé au travail

Quel est le lien entre les deux me direz-vous?

En premier, je tiens à préciser que je suis infirmière au sein du programme régional Santé au travail du CLSC-CHSLD Haute-Ville-Des-Rivières.

De façon générale, notre clientèle est constituée des établissements qui font partie des secteurs d'activité économique reconnus prioritaires par la CSST, et ce, pour le territoire de la région métropolitaine de Québec. Notre principal mandat consiste à élaborer et à mettre en application des programmes de santé spécifiques aux établissements.

Ces programmes de santé sont composés d'activités médicales et d'hygiène du travail en fonction des facteurs de risques présents dans les milieux de travail. Ayant visité différents milieux de travail depuis 1983, je suis à même de constater que l'un des facteurs de risque les plus répandus est sans contredit le bruit. Que ce soit des bruits continus ou des bruits d'impact, avec le temps, ils causent des dommages irréversibles et nous continuons malheureusement à dépister des travailleurs atteints de surdité professionnelle.

Que se passe-t-il par la suite?

Nous référons les travailleurs atteints de surdité professionnelle en ORL ou à la Clinique de médecine du travail du CLSC-CHLD Haute-Ville-Des-Rivières afin d'effectuer leur évaluation auditive. Une démarche d'indemnisation est souvent entreprise, car les travailleurs atteints de surdité professionnelle ont droit à des indemnités de la part de la CSST.

Afin de remédier à certaines difficultés vécues par ces travailleurs, dont celle de la communication, nous offrons, en collaboration avec l'IRDPQ, un service de soutien à la réadaptation. Ce service prévoit quatre rencontres de groupe au cours desquelles sont présentées diverses informations, comme des stratégies d'amélioration de la communication. Par ces rencontres, nous espérons que les travailleurs sortiront de leur isolement, seront capables d'exprimer à leurs collègues de travail leurs difficultés à les entendre et pourront améliorer leur qualité de vie.

J'espère que j'aurai réussi à vous démontrer le lien entre la santé au travail et la surdité professionnelle. Il y a encore beaucoup d'efforts à faire afin de diminuer le bruit dans les usines, suffisamment pour ne plus y trouver des cas de surdité industrielle.

Pour toute information complémentaire, n'hésitez pas à communiquer avec moi au numéro suivant : (418) 623-1010 poste 242.

©AMQ - 2007
Dernière modification: 22 janvier 2007